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Les terrasses à midi, sur le site de Loisirs du Perthuis Churin à Barbechat
Présentation et recherches faites par notre association

Découverte de terrasses par des membres de l’Association du Patrimoine de la Chapelle Basse Mer et Barbechat. Murs en pierres sèches, terrasses en terre, parmi les roches brutes. Origine et datation ?

Photo présentant le site des terrasses à misi en 2020, avant le défrichement.
Les terrasses avant nettoyage (on aperçoit le haut du calvaire en blanc, dans les hauteurs)

Historique de la découverte du site

Depuis septembre 2020, ils (un groupe d'amis de Barbechat) pensaient simplement nettoyer un muret et quelques marches. De nombreux samedis matin plus tard...

- Mises à jour d'un ensemble de 6 terrasses en pierres sèches en appui sur la roche brute sur 60 mètres de large et près de 40 mètres de haut jusqu'à la croix de mission érigée en 1901. Les terrasses se rejoignent par des escaliers qui se perdent dans les murs. Et le chantier est loin d'être terminé, car ces vestiges se continuent sur les coteaux voisins.

- Cet endroit est appelé "Les Marches à Midi" au lieu-dit le Champ Gallo. Ces terrasses furent cultivées par un certain "Le Noble", carrier de métier qui, selon les anciens, cultivait dans ces fameuses terrasses. Midi peut tout simplement signifier que ces terrasses soient orientées vers le sud !

- Ces bénévoles ont interrogé les anciens de Barbechat sur le passé de cet endroit qui se trouve être proche de l'ancien Barbechat où sont encore présents les vestiges de l'ancienne église du XIIIéme siècle. Il est apparu que le site était connu mais pas son historique, ni son étendue.

- Devant ces surprenantes et mystérieuses découvertes, le groupe barbechatain s'est rapproché de l'Association du Patrimoine Chapelain et Barbechatain, afin d'approfondir ces découvertes sous les aspects culturel et historique : il a été décidé de faire appel aux institutions et organismes spécialisés dans l'archéologie. Nous nous trouvons au mois de mai 2021.

Vue d'ensemble des terrasses à midi après nettoyage
Les terrasses après nettoyage

Contacts avec les institutions et organismes spécialisés dans l'archéologie

-La DRAC (direction régionale des affaires culturelles) représentée par Monsieur Guillaume Varenne n’a pas donné suite à la datation de ces vestiges : elle a demandé à l'association et aux bénévoles de ne pas creuser dans l'attente de recherches plus approfondies. Juin 2021.

- Le GRAFO (groupe de recherche en archéologie fluviale), s'est aussi déplacé sur le site de Barbechat, faisant le lien entre la rivière Divatte et la Loire, qui pour le moment n'a rien trouvé dans ses archives. juin 2021.

- Aide d'un géobiologue (le terme géobiologie désigne une pseudo-science qui étudie l'ensemble des influences de l'environnement sur le vivant, qu'elles soient électromagnétiques ou telluriques) : l'homme, muni d'un pendule a trouvé que le lieu vibrait énormément de l'ordre de 80 000 unités au lieu des 20 000 habituelles, et même plus de 100 000 unités au calvaire, juste au dessus des terrasses, ce qui confirmerait l'origine druide et celtique de l'endroit (l'an 200 après J.C.). Une première piste !

- Au travers de l'origine gauloise puis romaine du site du Perthuis Churin, puis des références de vestiges gaulois répertoriés au Loroux-Bottereau, ainsi que des recherches et de découvertes récents de vestiges gaulois à Mauves-sur-Loire par la direction du Patrimoine et de l'Archéologie de Nantes Métropole, plusieurs membres de l'association du patrimoine Chapelain et Barbechatain se sont rendus à "l'Historial de la Vendée" aux Lucs sur Boulogne visiter l'exposition intitulée "Sur les traces des Gaulois et des Romains" afin de recueillir un maximum d'enseignements pouvant enrichir nos recherches . Nous sommes en février 2022.

-  Février 2022 : présence et travail important sur le site des "Terrasses à Midi" de Alain Lavocat, un archéologue angevin, accompagné de Régis Ribet, architecte spécialiste de la pierre, habitant le Loroux Bottereau. Dans son premier long et détaillé rapport, Alain Lavocat semble convenir qu'une telle construction pourrait répondre à trois questionnements. Défensifs, religieux ou domestique. Concernant la datation du site ainsi découvert, il pense que ces vestiges ne sont pas antérieurs au XVIIIéme siècle ! Une seconde piste !

- L'association du patrimoine Chapelain et Barbechatain a également reçu la visite sur le site de M. Alexandre Polinski, spécialiste de la pierre taillée : un autre spécialiste de la pierre est sollicité, il s'agit de M. Yannick Lasica, habitant le sud de la France. Ce dernier a sollicité l'association afin de lui faire parvenir un documentaire photos : il donnera son avis, mais il pourrait aussi se déplacer sur le site du Perthuis Churin. A suivre pour un autre avis !

- Avril 2022 : visites sur le site des "Terrasses à Midi" de deux archéologues de Nantes Métropole, MM. Frédéric Mercier et Christian Le Boulaire, lesquels après une visite du site, se sont prononcés sur " les terrasses à midi ne pourraient-elles pas être un avortement de pélerinage". Ajoutant que ce site ressemblait à celui de la Rabatelière, près de Chavagne en Pallier (85). Encore une nouvelle piste, plus portée sur l'aspect religieux ou le travail d'une communauté ? Renseignements pris, l'association du Patrimoine Chapelain et Barbechatain décidera peut-être de programmer une visite sur ce lieu dans les toutes prochaines semaines.

Conclusions transitoires : plusieurs pistes sur l'origine des "Terrasses à Midi" se dessinent. Mais il n'y a rien d'arrêté jusqu'à ce jour d'été 2022. Nous attendons d'autres avis d'experts sur la datation et l'origine, en plus d'insister auprès de la DRAC, seul ministère autorisé pour effectuer des fouilles. Alain Lavocat proposerait bien des carottages en terre, afin de récupérer et d'analyser des pollens (anciens) ou d'autres organismes naturels favorisant les recherches sur la datation. 

JPE Septembre 2022 : Journées Européennes du Patrimoine.
Septembre 2022 : Journées Européennes du Patrimoine.

Septembre 2022 : Journées Européennes du Patrimoine

Présentation au public des « Terrasses à Midi ». Deux belles journées ensoleillées et riches de rencontres et de conférences.

- Samedi 17 septembre 2022 : seulement l'après-midi, avec la chorale "Les Muscadines" de St. Fiacre, 120 personnes à visiter et à écouter la conférence et la chorale.

- Dimanche 18 septembre 2022, toute la journée : 60 personnes durant la matinée, entrecoupée d'une animation musicale, puis 120 personnes l'après-midi pour visiter le lieu et écouter la conférence.

Nous sommes à la fois satisfaits, car c'était la première fois que l'association du patrimoine de la Chapelle-Basse-Mer et Barbechat faisait visiter ce lieu, mis en valeur récemment : quelque peu déçus de ne pas avoir eu plus de visiteurs, par rapport au travail déployé par tous les bénévoles de notre association. Par contre, les jeux anciens mis à la disposition des enfants ont connu un beau succès, les crêpes ont été appréciées, et le bar a bien fonctionné. Nous avions également à notre programme, la visite du "Moulin Boumard" situé dans la vallée de la Divatte qui a obtenu un très relatif engouement.(A nous de ne pas multiplier les sites de visites).

Sur le sujet des améliorations à effectuer : nous rencontrons à nouveau cette année, la difficile gestion et adaptation des affiches fournies par le Ministère de la Culture : elles sont indispensables, mais pas adaptées pour l'annonce de nos manifestations locales. Le Ministère devrait penser à réserver de la place pour nos annonces spécifiques : nous sommes obligés de bricoler nos propres affiches que nous collons ou agrafons à l'intérieur de ces affiches ministérielles. Nous n'avons pas les moyens de réaliser un beau travail de présentation : c'est du rafistolage ! D'autre part, les manifestations se produisent souvent aussi à l'extérieur : pourquoi ne pas nous fournir des affiches plastifiées? Ce serait un réel progrès et cela faciliterait notre travail et nos affichages! Nous savons que tout cela entraîne un coût supplémentaire, mais le Ministère doit aussi ouvrir les yeux sur les besoins particuliers de toutes les petites associations !

Pour en finir avec nos appréciations sur les journées du patrimoine, et d'un point de vue positif, nous avons trouvé que la couverture médiatique locale de cette année (L'Hebdo de Sèvre et Maine et Ouest-France notamment), avait été satisfaisante : des articles nous ont été consacrés, ce qui a fait parlé de Barbechat et du site du Perthuis-Churin.

Voici résumé nos deux journées qui ont intéressées nos visiteurs (es) et nous-mêmes par un beau temps d'été/d'automne.

Remerciements et à bientôt.

Hugues ROY, Pierre Gallon et Patrick Spreng pour l'association du Patrimoine de la Chapelle-Basse-Mer et Barbechat.

Des haches en pierre, datant du néolithique

Annexe 1 : Plusieurs techniques de datation

On a trouvé des haches en pierre néolithiques près du Tumulus à Barbechat, prouvant que les lieux étaient occupés depuis très longtemps, comme près des marais au Loroux-Bottereau.

Un historien du Loroux  Emile Bonneau en 1986, explique que les celtes (les maitres du fer) qui s’établirent vers 1000 à 800 avant J-C en se mélangeant à la population locale, cherchaient des sites protégés en hauteur, le long des rivières. Au Loroux par exemple, ils se seraient installés à l’emplacement de la chapelle St Laurent, avec un autel de culte druidique. Les sarcophages trouvés à côté prouvent la présence gallo-romaine au VII ème siècle. Le Loroux fut un important site gallo-romain. Plusieurs voies romaines passaient par le Loroux : Comme Blain à Saintes passant par Mauves-sur-Loire, et St Barthélémy en St Julien, le Loroux, le Fief-Sauvin et Poitiers , et comme de Nantes à Champtoceaux qui passait par le Pont de Louen, le Loroux, Ste Radegonde, et le pont Trubert en Barbechat.

Emile Bonneau parle aussi du Perthuis Churin. Les hauteurs le long de la rivière se prêtaient bien à un site protégé comme les aimaient les celtes. A Barbechat, il se pourrait qu’un autel druidique ait existé là où le calvaire a été construit en 1901 au champ Gallo, le site des terrasses. (« Gallo » tiens quel hasard). Le monde chrétien a toujours cherché à effacer les anciens cultes en construisant par-dessus.


Il semble que Barbechat existait dès l’an 777, avec un seigneur.

Il y a 1 000 ans, un bras de Loire partant de la Varenne longeait le coteau pour rejoindre le lit principal à Basse-Goulaine. Des noms de villages (Port-Moron, Port-Biry à la Chapelle et Port-Égaud à Saint-Julien) sont là pour nous le rappeler. Les eaux de la rivière « La Divatte » s’y jetaient ainsi que les ruisseaux du bassin versant à L’Épine, près du Port Jaglin, au Pont du Verger, au Guineau. Une navigation permettait le commerce et les liaisons vers Nantes. La vallée était alors une île. Le niveau de la Loire était largement plus haut. On peut donc supposer que la navigation remontait la rivière de la Divatte jusqu’à Barbechat, ou du moins jusqu’au pont Trubert.

La traversée de la rivière Divatte était difficile à l’époque. Il existait ce pont que l’histoire retiendra : Le pont Trubert. En 1420, Jean V duc de Bretagne, fut fait prisonnier à cet endroit par Olivier, le fils de Marguerite de Clisson, propriétaire de la forteresse de Châteauceaux et de Clisson. Elle voulait mettre son fils sur le trône du duché. Une rue porte le nom du pont Trubert à Champtoceaux. Après le passage de Jean V, le pont fut abattu et ses troupes restèrent sur la rive gauche. Peut-être vinrent-elles se réfugier au Perthuis Churin lieu d’abri. Jean V fut emmené à Châteauceaux avec son frère Richard de Bretagne, puis dans d’autres châteaux comme Clisson, Pouzauges, et revint à Champtoceaux. Sa femme apprenant cela, monta avec l’aide des Anglais et le Duc de Kent, une armée de 30.000 hommes qui remonta la Loire des 2 côtés. Au passage, ils prirent la petite forteresse de l’Epine Gaudin en la Chapelle Basse Mer. Ils firent le siège de Châteauceaux. Après 3 mois, la famine aidant, et le Dauphin de France n’ayant pas apporté son appui comme promis, Marguerite de Clisson accepta de se rendre et libéra Jean V. Jean V rentra à Nantes, et promis à Marguerite de Clisson, de la trainer devant un tribunal. Apprenant cela, elle s’enfuit dans le Limousin où elle possédait un château. Jean V fou de rage, confisqua tous les biens de Marguerite comme Clisson, l’Epine Gaudin, Châteauceaux et fit raser ces deux dernières forteresses. 10 ans furent nécessaires pour Châteauceaux (1 fois ½ Carcassonne). Il donna tous les biens de Marguerite à son frère Richard, compagnon de captivité. Celui-ci fit construire un manoir à l’Epine Gaudin, à l’emplacement du château détruit. Il eut plusieurs enfants dont l’un deviendra François II, à la mort de Jean V sans héritiers. On connait la suite, François II eut une fille : Anne de Bretagne !

Recherches actuelles (fin 2022, début 2023) : plusieurs membres de l’association, sur les conseils du pole archéologique de la métropole de Nantes, effectuent des recherches documentaires – aux archives départementales de Loire-Atlantique – aux archives diocésaines – dans les archives notariales – au travers de documents très anciens retrouvés à Barbechat.

Nous allons faire réaliser un relevé topographique des «Terrasses à Midi » par une école de la métropole nantaise (demande d’autorisation en cours).

Nous souhaiterions également établir un plan de futures recherches plus approfondies du site du Perthuis-Churin de Barbechat qui possède - un tumulus – l’ancienne église de Barbechat Sainte-Magdeleine – une motte castrale – des haches en pierres néolithiques trouvées sur le site...

Annexe 1

Plusieurs techniques de datation de construction existent :

  • Le détecteur de métaux, pour retrouver des pièces de monnaies ou autres, mais ces découvertes ne donnent pas forcément la date de construction, mais on peut supposer que la construction est antérieure à ces découvertes.

  • L’utilisation du carbone 14. Cet élément est radioactif, et sa radioactivité décroît au fil du temps à un rythme parfaitement régulier. Les scientifiques s’en servent donc comme « chronomètre » pour estimer l’âge d’objets très variés mais ayant vécu : fossiles, animaux, humain, arbres, charbons de bois, etc.. La datation au carbone 14 est ainsi utilisée dans de nombreux domaines scientifiques : des sciences de la Terre aux sciences du vivant, en passant par les sciences de l’Homme et de la société. Deux avantages : l'échantillon n'a pas besoin d'être gros et le prix est abordable (environ 350€).

  • Une technique très particulière faite par la géologue Israélienne Naomi Porat, qui consiste à prélever dans l’obscurité (il ne faut pas de lumière) des poussières entre les pierres de construction. Ces poussières sont ensuite analysées en laboratoire par la technique dite de luminescence optiquement stimulée pour observer les cristaux de quartz, afin de déterminer quand ils ont été exposés à la lumière la dernière fois. La précision n’est pas très grande mais permet déjà de déterminer si c’est une période récente ou ancienne.  

  • La dendrochronologie qui permet de dater un objet en bois à partir des cernes de croissance des arbres. Mais encore faut-il trouver du bois à dater et qu'il y ait suffisamment de cernes pour avoir une datation fiable. Mais quand c'est le cas la datation peut-être très précise. 

  • L’utilisation de Géo-radar à pénétration du sol par un géophysicien, permet de détecter des bases de construction non visibles en surface.

  • Voir aussi : méthodes de datation

Sujet : les terrasses de Barbechat et le vieux Barbechat au Perthuis-Churin
Compte-rendu de réunion de l’association du patrimoine de La Chapelle-Basse-Mer et    Barbechat avec le « Service du Grand Patrimoine de Loire Atlantique », le vendredi 25 août 2023 à 9h30 : salle de la mairie annexe de Barbechat.

Mme Deborah SEBAG représente le service archéologie de Loire-Atlantique en tant que cheffe de service : elle est accompagnée de M. Fabien BRIAND, archéologue, spécialiste du Moyen-âge. L’association du patrimoine est représentée par une vingtaine de ses membres et quelques invités extérieurs.

 

Sujet : les terrasses de Barbechat et le vieux Barbechat au Perthuis-Churin.

 

Pascal SOQUET, adhérent de l’association, passionné d’histoire et de patrimoines nous a exposé sa présentation qui débute par les 19éme et 18éme siècles, pour remonter le temps en passant successivement par le 13éme siècle, le 11éme siècle, l’âge de Fer et enfin le Néolithique.

 

Sa présentation a débuté par une description des deux moulins à eau construits  près de la rivière de la Divatte, et de leurs configurations (les annexes du moulin Rousselin et les ruines du moulin Boumard).

 

Puis, est abordé le dossier des « terrasses à Midi » avec l’interprétation des cartes anciennes et des cadastres situant l’emprise des terrasses sur la parcelle J670 au cadastre de 1810.

 

 

Les terrasses à Midi de Barbechat : photo prise durant l’hiver 2023 

 

 

Ont été également abordés, - l’adjonction plus tardive de la croix de mission (1901) sur la partie haute des terrasses et en bordure de route – les détails dans la construction des murs en pierres sèches, comme certaines niches ou certains escaliers qui n’aboutissent sur rien, mais qui nous interroge sur le fait qu’il y aurait eu plusieurs périodes de construction ?

 

 

 

Barbechat : la croix de mission érigée en 1901
La croix de mission érigée en 1901

S’en est suivi, une brève présentation du second site des terrasses, se situant sur le coteau d’en face les terrasses principales, comportant deux abris de bergers appelés également « abris sous roche » qui témoignent d’une vie pastorale dans la vallée. 

 

On remonte encore le temps en abordant le 13éme siècle avec les ruines de la Chapelle Sainte-Magdeleine (ou Sainte-Madeleine selon les époques). A ce moment, Pascal Soquet nous présente une proposition architecturale de la façade de la chapelle, comme elle aurait pu être  au moyen âge, avec son mur clocher portant ses deux cloches, ainsi que la localisation de son cimetière aujourd’hui devenu une châtaigneraie.

Eglise de Sainte Madeleine à Barbechat au Pertuis-Churin
Eglise de Sainte Madeleine

Nous poursuivons la visite du site avec l’existence supposée du village primitif de Barbechat et sa situation géographique particulière. Le village aurait été bâti à l’extrémité du plateau du Loroux-Bottereau, sur un rebord surplombant de près de 40 mètres les deux vallées, qui sont être la vallée de la Divatte et la vallée du ruisseau de la Chevalerie. 

 

Poursuivant sa présentation, Pascal Soquet a montré aux deux archéologues, ses illustrations présentant ce que pouvait être ce village avec sa chapelle, sa motte castrale, sa tour de guet et ses habitations entourées de son enceinte. Les observations et les témoignages d’habitants ayant fréquentés jadis les lieux, ainsi que les différents relevés pratiqués aux abords du « Bordage », attesteraient vraisemblablement de la présence de ce village sur une période donnée du moyen-âge.

 

Arrive la période de l’Age de Fer avec le dévoilement d’une pièce inédite (propriété  du Musée National d’Archéologie de Saint-Germain-en-Laye), c’est-à-dire de la photographie de la maquette du Tumulus de Barbechat exécutée avec une grande minutie, faisant suite aux fouilles entreprises par M. Fortuné Parenteau et son équipe au mois d’avril 1870. Cette maquette en liège nous montre  un grand nombre de détails architecturaux et paysagers aux alentours du Tumulus qui nous seront précieux  lors de nos futures investigations.

 

Pour clore sa présentation, Pascal Soquet aborde la période du Néolithique en présentant les différentes lames de pierre polies trouvées à proximité du vieux Barbechat. La diversité des dimensions  et des origines attesteraient d’activités variées sur le site au Néolithique. En effet, les lames aujourd’hui exposées à la mairie de Barbechat formeraient différents outils au Néolithique (herminette, gouge, petites haches…).

 

La présentation en salle et les échanges étant terminés, l’ensemble des participants s’est rendu sur place : voir les terrasses de Barbechat, examiner le coteau avoisinant, puis traverser le site de loisirs du Perthuis-Churin, pour se rendre sur le site du vieux Barbechat. L’accès au tumulus étant dégagé, nous avons pu monter sur sa partie la plus haute avec les représentants du « Grand Patrimoine » de Loire-Atlantique, fortement impressionnés par la qualité historique de la présentation faite en salle, puis par cette curiosité du tumulus et l’histoire attenante à ce vestige d’une très vieille époque.

 

Mme Déborah SEBAG et M. Fabien Briand, tous deux archéologues se sont engagés à nous tenir informé de leurs conclusions et des suites qu’ils pourraient apporter à cette visite. Ils nous ont indiqué qu’ils se mettraient en rapport avec le service d’archéologie de la métropole nantaise, ainsi qu’avec la DRAC (direction régionale des affaires culturelles). Ils nous ont fait part de deux références en matière de recherches archéologiques – M. Serge CASSEN et M. GUYAUDOT. Ils nous ont aussi expliqué ce qu’était l’archéologie préventive en lien avec la visite du vieux Barbechat, et pourquoi pas avec une étude plus poussée des terrasses de Barbechat : « l’archéologie préventive a pour objectif d’assurer sur terre et sous les eaux, la détection et l’étude scientifique  des vestiges susceptibles  d’être détruits par des travaux d’aménagement du territoire. Les archéologues de l’Inrap (Institut national des recherches archéologiques préventives) interviennent ainsi sur décision de l’État pour sauvegarder le patrimoine archéologique. Des méthodes modernes, mais coûteuses sont utilisées par les services telle la technologie de télédétection laser, appelée laser scanner aéroporté ou « lidar »».

Compte-rendu de visites sur la commune de Guipry-Messac (de la Motte Baron = tumulus) et à Saint-Just (du site de Mégalithes et Landes) – dans le département de l’Ille et Vilaine. Le vendredi 6 octobre 2023.

 

Patrick Spreng , Pascal Soquet et Hugues Roy ont été reçu  par André Corre, Marie -Christine Hautbois et un bénévole du CERAPAR (Centre de recherches archéologiques du pays de Rennes).

 

La Motte Baron :  site proche de la Vilaine, découvert au 11éme siècle (moulin = motte selon les explications des bénévoles du CERAPAR). Le département d’Ille et Vilaine compte 280 mottes répertoriées. C’est un site archéologique comprenant une villa romaine (village), présence de Mégalithes et de minerais de fer. Découvertes de scories = déchets de fer. Les études archéologiques et géologiques du site ont démontré différentes présences de roches telles le « poudingue de Gourin » et le grès issu du Massif Armoricain.

 

La présence également d’un « Eperon barré » témoigne d’une longue occupation de l’endroit antérieure au moyen-âge, c’est-à-dire 500 ans avant Jésus-Christ. Le CERAPAR s’est doté d’un « tachéomètre » qui lui permet de faire de nombreux relevés topographiques (relevés micro-relief). En effectuant des recherches plus approfondies culturellement, les membres du CERAPAR ont découvert que des tapisseries de Bayeux montraient  une motte surmontée d’une tour (motte Baron). Un château en pierres à succédé au château en bois : des vestiges de poteries ont été trouvés sur place analysés par des céramologues afin de déterminer les datations. Les poteries trouvées remontent à l’âge de bronze, c’est-à-dire dans la période de 2200 à 800 ans avant Jésus-Christ. Le site est défriché régulièrement afin de l’offrir convenablement à la vue des visiteurs, car envahi principalement de fragons (buissons de petit-houx).

 

Mégalithes et landes de Saint-Just :     

Le site mégalithique de Saint-Just, ou de la Lande de Cojoux, sur la commune de Saint-Just, en Ille-et-Vilaine, est l'un des sites mégalithiques majeurs de Bretagne, en raison de son ampleur et de sa diversité. Situé à l'ouest du bourg, il s'étend principalement sur une crête rocheuse orientée Est / Ouest. Il présente plusieurs types de constructions, -  tumulus, allées couvertes, dolmens, menhirs, toutes édifiées au Néolithique. Sur la quinzaine de sites mégalithiques encore visibles, six sont classés ou inscrits aux monuments historiques.

                                           

site mégalithique de Saint-Just en Ille -et-Vilaine
Site mégalithique de Saint-Just en Ille -et-Vilaine

Localisation : la majorité des mégalithes sont situés sur une crête délimitée à l'ouest par la vallée du Canut, affluent de la Vilaine, et par le ruisseau de l'étang de Saint-Just, s'étendant sur près d'un kilomètre et demi.

Décrits dès le xixe siècle, les mégalithes ont été redécouverts lors des incendies de la Lande de Cojoux en 1976 et 1989. Si des fouilles avaient été entreprises dès 1956, plusieurs campagnes de recherches et de mise en valeur ont été menées depuis lors, donnant lieu à plusieurs publications scientifiques.

Alignement des Roches Piquées, ou Demoiselles de Cojoux

L'alignement des Roches Piquées, ou Les Demoiselles de Cojoux, sont un ensemble de 3 pierres, voire 4, dont l'une est couchée. Les principaux blocs mesurent environ trois mètres de hauteur. Sur les deux pierres encore dressées, l'une est en quartz, l'autre en poudingue de Gourin. Une pierre, plus petite, est située à quelques mètres à l'est du bloc couché.Les pierres sont nommées selon une légende locale, qui témoigne du syncrétisme religieux en Bretagne.

Datation : le patrimoine mégalithique de la commune de Saint-Just remonterait à environ 4500 av. J.-C. Il s'agirait d'un important centre religieux du Néolithique.

Mise en valeur : à la suite d’un important incendie de la lande en 1989, le département acquiert une superficie de 150 hectares pour reconstituer la lande et aménager le site. Un sentier balisé est tracé le long des alignements de la crête, avec plusieurs stations d'observation sur le parcours. La Maison des mégalithes et des landes, abritant un musée, a été ouverte dans le bourg de Saint-Jus.

 

Observations et précisions pouvant donner aux “ Terrasses à Midi” de Barbechat, une orientation complémentaire de recherches ? 1) – Des cupules (petites cuvettes très régulières creusées dans la pierre dure avec les outils de l’époque néolithique, et positionnées à même distance les unes par rapport aux autres) nous ont été montrées (sur le site mégalithique de Saint-Just) sur une pierre debout en roche de poudingue de Gourin. Il nous a été précisé que des cupules ont été trouvées sur de la roche en “gneiss dur” sur d’autres sites mégalithiques. Nous avons fait remarquer à nos interlocuteurs que nous avons constaté la présence d’alvéoles (10 petites cuvettes, 2 x5 rangées à intervalles réguliers) sur une roche oblique sur le site des “Terrasses à Midi”, la roche étant du granite gneissique. 2) – Sur ce même site néolithique de Saint-Just, nous avons aussi observé des alignements de pierres debouts, en arc de cercle, enterrées solidement, et ne laissant apparaître qu’une “tête” de pierre, à l’image de ce que nous avons sur le site des “Terrasses à Midi”?

Ces deux informations ont fortement intéressé nos interlocuteurs du CERAPAR, qui souhaitent venir visiter le site de Barbechat et les “Terrasses à Midi” afin de nous aider dans nos recherches. En attendant, nous avons décidé de prendre des photos des cuvettes? et des pierres debouts du site des “Terrasses à Midi”, et de les adresser au CERAPAR de Rennes afin d’avoir leur avis.     

2024 créé par Pierre Gallon et Pierre Saunière        contact : patrimoinechapelain@gmail.com

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